
Certaines blessures ne se voient pas. Elles prennent naissance dans ce que nous avons vécu, parfois très tôt, mais aussi dans des relations ou des événements plus récents.
Un manque d’attention, une séparation, des paroles dévalorisantes, une trahison ou le sentiment de ne pas avoir été compris peuvent laisser une empreinte durable.
Pour ne plus souffrir, nous apprenons alors à nous protéger. Nous nous adaptons, nous nous refermons, nous cherchons à être irréprochables ou nous faisons passer les autres avant nous.
Ces protections nous ont parfois aidés à avancer. Mais avec le temps, elles peuvent aussi nous éloigner de nos besoins, de nos émotions et de la personne que nous sommes réellement.
Une blessure peut continuer à parler en nous
Même lorsque l’événement appartient au passé, la blessure peut encore influencer notre manière de penser, d’aimer et de réagir.
Elle peut nous amener à :
- craindre d’être abandonné ou rejeté ;
- chercher constamment l’approbation ;
- avoir du mal à faire confiance ;
- vouloir tout contrôler pour nous rassurer ;
- accepter ce qui ne nous convient pas ;
- nous protéger derrière la distance, l’indifférence ou la colère ;
- nous juger avec une grande sévérité.
Nous ne réagissons alors plus seulement à ce qui se passe aujourd’hui. Une part de nous tente aussi d’éviter qu’une ancienne douleur se reproduise.
Des blessures différentes, des protections différentes
La blessure de rejet
Elle peut faire naître le sentiment de ne pas avoir sa place ou de ne pas être suffisamment digne d’être aimé. Pour se protéger, on peut devenir discret, se retirer ou cacher ce que l’on est réellement.
La blessure d’abandon
Elle peut provoquer une forte peur de perdre l’autre, un besoin de réassurance ou une difficulté à rester seul. On risque alors de s’accrocher à certaines relations, même lorsqu’elles ne nous conviennent plus.
La blessure de trahison
Lorsqu’une confiance importante a été brisée, il peut devenir difficile de se reposer sur quelqu’un. Le contrôle et la méfiance servent alors à ne plus être pris au dépourvu.
La blessure d’humiliation
Elle peut conduire à avoir honte de ses besoins, de son corps, de ses émotions ou de certaines parts de soi. On apprend alors à se faire petit, à se dévaloriser ou à s’occuper des autres avant soi.
La blessure d’injustice
Elle peut pousser à rechercher la perfection, à retenir ses émotions et à devenir très exigeant envers soi-même. Montrer sa vulnérabilité paraît alors dangereux ou inacceptable.
Ces catégories offrent des repères, mais notre histoire ne se résume pas à une seule blessure. Plusieurs expériences et plusieurs mécanismes peuvent se mêler.
Reconnaître la blessure sans se réduire à elle
Comprendre ses blessures ne signifie pas chercher un responsable ni rester enfermé dans le passé.
C’est observer avec douceur ce que nous avons mis en place pour survivre, être aimé ou nous sentir en sécurité. Derrière une réaction qui paraît excessive se trouve souvent une ancienne protection qui se réveille.
En reconnaître l’origine permet peu à peu de distinguer le passé du présent et de choisir une réponse plus juste pour soi.
Revenir doucement vers soi
Une blessure ne définit pas qui nous sommes. Elle raconte seulement un endroit de notre histoire qui demande encore de l’attention.
Revenir à soi commence parfois par une question très simple :
Est-ce la situation présente qui me fait souffrir, ou réveille-t-elle quelque chose de plus ancien en moi ?
Il ne s’agit pas d’effacer son histoire, mais d’apprendre à ne plus la laisser décider seule de nos relations, de nos choix et de la valeur que nous nous accordons.
Pour poursuivre
Les blessures ne sont pas les seules causes qui peuvent nous éloigner de nous-mêmes. Notre manière de nous construire est également influencée par :
